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La San Antonio Abad à Valencia

Tableau de Dali représentant Saint Antoine Abad
Tableau de Dali représentant Saint Antoine Abad

Le 17 janvier en Espagne et donc à Valencia, l’on célèbre la San Antonio Abad (Saint-Antoine Abbé), Patron des animaux. Cette tradition religieuse remonte au 19ᵉ siècle, c’est donc relativement récent.

Dans de nombreuses villes, les fidèles se rassemblent pour faire bénir leur animal de compagnie (chien, chat, lapin, tortue, iguane, hamster, perroquet…) dans un grand défilé.

Avec la bénédiction de Saint-Antoine, l’animal de compagnie est censé passer une année 2020 en pleine forme et réchapper à toutes les malédictions éventuelles.

Mais, il est temps d’entrer un peu plus dans les détails et vous en dire davantage sur cette tradition et surtout ce fameux Saint-Antoine (à ne pas confondre avec Saint-Antoine de Padoue).

Tableau du peintre Velázques représentant Saint Antoine Abbé
Saint Antoine (à droite) par le peintre Velázquez.

Qui est San Antonio Abad ?

Tout commence vers 251 après J.-C en Haute Egypte. Antoine né dans une famille de riches cultivateurs chrétiens. À l’age de 18 ans, ses parents décèdent, lui et sa sœur se retrouvent donc orphelins.

À 20 ans, Antoine décide de suivre l’évangile et de vivre dans le dénuement. Il donne tous ses biens aux pauvres, et il place sa sœur dans une communauté religieuse.

Débute alors le périple solitaire d’Antoine. Il s’installe tout d’abord dans une petite cabane non loin de ses anciennes terres.

Au bout de 13 ans, il s’isole encore davantage en s’installant en plein désert (choix à priori judicieux pour être tranquille, la suite nous prouvera le contraire). De là viendra l’un de ses surnoms : Antoine du désert.

Tout au long de sa vie, Antoine se verra ainsi affublé de plusieurs surnoms : Antoine le Grand, Antoine l’Ermite, Antoine du désert, Antoine d’Egypte.

À priori, en 280 après J.-C., le désert est assez fréquenté, car de nombreux disciples s’installent peu à peu autour de la retraite d’Antoine l’Ermite. Un comble pour un ascète cherchant l’isolement.

Petite parenthèse : de nos jours, Les religieux ayant adopté le mode de vie solitaire de Saint-Antoine sont appelés anachorètes (ermites), en opposition aux cénobites qui choisissent eux la vie en communautés monastiques

Durant toute sa longue vie, Antoine l’Ermite n’a eu de cesse de vouloir s’isoler du commun des mortels. Et il est persévérant !

Antoine reprend donc son baluchon en 285, pour fuir ses disciples envahissants. Il s’installe encore plus loin dans le désert, cherchant à vivre dans la pauvreté, la chasteté et surtout l’isolement complet.

Et là, il faut croire que les réseaux sociaux de l’époque fonctionnent encore mieux que de nos jours. En effet, de nouveaux disciples retrouvent la trace d’Antoine l’Ermite, et s’installent dans les grottes autour de sa retraite.

On vient écouter ses prêches, lui demander des conseils. Il faut croire que les disciples n’ont pas encore bien saisi le concept de vivre en ermite.

Tout ceci dure jusqu’en 312. Antoine l’Ermite se rend compte que son lieu de repos n’est plus « hermétique ». Il décide une dernière fois de plier bagages et de s’isoler encore davantage.

Alors, c’est pas encore le calme total. Durant cette période, le Diable retrouve sa trace et vient le titiller de temps en temps, quelques visiteurs viennent encore lui demander son avis.

En 356, à l’âge vénérable de 105 ans, Antoine l’Ermite s’éteint dans les bras de deux disciples.

Il va pouvoir enfin profiter du calme et de la tranquillité.

Et bien non ! Au Moyen Âge, en 1095, des chrétiens ont la bonne idée de ramener ses reliques jusque dans le Dauphiné. Quand cela veut pas…

C’est alors l’occasion de fonder plusieurs monastères et un ordre religieux : les Antonins.

C’est d’ailleurs depuis cette époque, que l’on donne à Saint-Antoine, un nouveau surnom : « Saint Antoine des cochons ». À Valencia : Sant Antoni del porquet .

Statue de Saint Antoine le Grand et son porcelet.
Saint Antoine et son porcelet

En effet, auparavant les porcs n’avaient pas le droit d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins, reconnaissables à leur clochette.

Dès lors, il est fréquent de représenter Saint-Antoine accompagné d’un cochon ou porcelet.

Saint Antoine est aussi connu pour être le Patron des animaux. Il semble que l’explication vienne du fait qu’il a, durant sa vie, fait preuve d’une grande empathie avec les animaux.

Sûrement moins envahissant que certains disciples.

Le déroulé des festivités de la Saint-Antoine

Le 17 janvier en Espagne et donc également à Valencia et alentours, l’on célèbre la Saint-Antoine Abad.

La Saint-Antoine Abad est considérée comme Fête d’Intérêt Touristique Provincial de la Communauté Valencienne.

Durant 7 jours, il y a diverses activités organisées près de la Calle Sagunt (le 16 janvier un marché est organisé Plaza Juan Bosco), mais je vais me concentrer sur la journée du 17 janvier, la date la plus importante et symbolique.

Donc, le 17 janvier à Valence, cela se déroule ainsi, depuis la Calle Sagunt :

10h00 : Grande messe en l’honneur de Saint-Antoine Abad et bénédiction des petits pains.

10h45 : Bénédiction et défilés des animaux dans l’ordre suivant :

  • Lâché de colombes par les Falleras Mayores de Valencia
  • Public avec les animaux domestiques
  • Défilé de chiens nécessitant une adoption
  • Police locale montée en uniforme de gala
  • Entrée solennelle des Falleras Mayores en attelage, accompagnées par un escadron de cavalerie de la Police Locale, en tenue de gala.
  • Unités de cavalerie de la Police Nationale et de la Garde civile.
  • Groupes de musiques folkloriques valenciennes
  • Unités canines de la Garde Civile, de la Police Nationale, de la Police Locale et de l’Unité Militaire d’Urgence.
  • Attelages de chevaux de traits
  • Attelages de luxe et carrioles
  • Centres équestres et picadores
  • Cavaliers (jinetes) et cavalières (amazonas)
  • Public avec les animaux domestiques (si vous êtes arrivé trop tard pour être en tête du défilé)

Après la bénédiction des animaux chacun recevra, entre autre, un petit pain béni.

À l’origine, chaque fidèle recevait trois petits pains, dont l’un, selon la tradition, devait être conservé durant une année entière près d’une pièce de monnaie afin d’apporter travail et santé et garantir la bénédiction du saint.

La Saint-Antoine Abad attire donc une foule nombreuse, un paradoxe lorsque l’on sait que Saint-Antoine recherchait lui une vie d’ermite. Enfin, comme vous le savez, il n’est plus à cela prêt.

Reste que la Saint-Antoine Abad est l’une des traditions importantes de janvier regroupant tous les amoureux des animaux.

Article rédigé par

Sylvain Domper

Dénicheur de bons plans à Valencia

«On se donne rendez-vous au Mercado Colón pour boire un verre ensemble».Phrase favorite

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