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L’IRPF ou impôt sur le revenu en Espagne

L’Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas” (IRPF) ou impôt sur le revenu.

Le nom est lâché !

En voila, un sujet réjouissant et passionnant. Je dois reconnaître que la motivation n’était pas folle au moment de rédiger cet article.

Mais bon, il faut bien parler aussi des choses qui fâchent et donc l’un des impôts principaux payés en Espagne comme dans tout autre pays.

Il existe une multitude d’autres impôts et taxes en Espagne et dans les différentes communautés autonomes, outre l’IRPF : IBI, ITP, IVA, IRNR, la liste est longue.

Comme dans tous les pays, l’État espagnol est très imaginatif lorsqu’il s’agit d’imaginer un système de contribution.

Et en plus il reçoit le soutien des différentes communautés autonomes pour inventer des taxes et impôts locaux et régionaux.

Aujourd’hui, je vais donc aborder le sujet de l’IRPF.

Tu vas le voir, il est difficile d’échapper à cet impôt dès lors que l’on réside en Espagne.

Commençons par les grandes lignes

L’IRPF est donc un impôt sur les revenus. Vu comme cela s’est assez vague.

Sont considérés comme des revenus :

  • Les salaires et pensions
  • Les bénéfices industriels et commerciaux
  • Les bénéfices agricoles
  • Les bénéfices non commerciaux
  • Les revenus mobiliers
  • Les revenus fonciers
  • Les plus-values
  • Les dividendes

En sachant qu’il existe également des revenus exonérés d’impôt.

Petit échantillon gratuit :

  • Les prestations sociales pour incapacité permanente ou grande invalidité ;
  • les pensions alimentaires reçues des parents en vertu d’une décision de justice ;
  • les bourses publiques ou versées par des organismes sans but lucratif ;
  • les indemnités de rupture de contrat de travail ;
  • certaines prestations et aides à caractère social.

Prélèvement à la source ou non

Tu es salariée

En Espagne, l’IRPF est prélevé à la source si tu es salariée. Donc chaque mois, ton salaire est directement amputé du montant de l’impôt. On arrête pas le progrès.

Pour le calcul du montant de l’impôt, l’État se base sur les informations que tu as fournies à ton employeur concernant ta situation personnelle (célibataire, avec enfants à charge, etc).

Cerise sur le gâteau, si tu as un seul employeur et que tu gagnes moins de 22 000€/an, tu n’auras pas besoin de faire une déclaration d’impôts sur le revenu.

C’est facultatif.

Tu es retraitée

Dans cas, il n’y a logiquement pas de prélèvement à la source. Même principe que pour un salarié, si tu a une seule pension de moins de 22 000€, tu seras dispensée de déclaration.

Tu es à ton compte

Tu ne vas pas échapper à l’IRPF 🙂

Par contre, on déclare et on paye l’IRPF trimestriellement si on est autonomo.

Il faut donc mieux avoir un peu de trésorerie, car le prélèvement est très rapide une fois que l’on a fait notre déclaration.

Une imposition par tranche.

Oui c’est pas très original comme fonctionnement, mais c’est un système éprouvé. Au moins cela evíte d’être trop dépaysé.

En Espagne, il y a 6 tranches depuis janvier 2021.

  • De 0 à 12 450€ le taux est de 19 % (cela s’applique dès le premier euro).
  • De 12 451 à 20 200€ le taux est de 24 % (cela commence à piquer).
  • De 20 201 à 34 000€ le taux est de 30 % (cela commence à bruler).
  • De 34 001€ à 60 000€ le taux est de 37 % (c’est honteux !)
  • De 60 001€ à 300 000€ le taux est de 45 % (Il me faut un fiscaliste, voir un cabinet de fiscalistes !)
  • Au-dessus de 300 000€ le taux est de 47 % (En même temps, on a 300 jours d’ensoleillement).

Pour savoir combien tu dois payer c’est simple.

Disons que tu gagnes 34 000€/an. Tu vas donc appliquer : 19 % sur les premiers 12 450€ puis 24 % sur les 7 750€ suivants, puis enfin 30 % sur les 13 800€ restant.

Déductions et exonérations

Alors bien évidemment, les services des impôts ont aussi un petit cœur qui bat et font preuve d’empathie de temps en temps.

Ils ont donc prévu des déductions et exonérations d’impôts, dans certains cas (selon l’âge, le nombre d’enfants et/ou de personnes à charge, situation familiale…) :

  • Tu peux déduire 5 550€ correspond au minimum personnel pour vivre. Tu es totalement exonéré d’IRPF si tu gagnes moins de 5 550€ (il me semble que la misère serait moins pénible au soleil).
  • Si tu as + de 65 ans : même chose, mais on rajoute 1 150 €. Donc tu es exonérée si tu gagnes moins de 6 800€/ans.
  • Si tu as + de 75 ans : même chose, mais on rajoute 1 400€. Donc exonération totale si tu gagnes moins de 8 200€.
  • Tu as des ascendants à charge de + de 65 ans, tu n’as pas + de 8 000€ de revenus/an et les ascendants déclarent moins de 1800€/an (quelle tristesse) : on applique les mêmes majorations en fonction de l’âge 65 ou 75 ans (donc + 1 150€ ou +1 400€)
  • Tu as des enfants à charge de moins de 25 ans, tu n’as pas + de 8 000€ de revenus/an et tes enfants déclarent individuellement moins de 1 800€/mois (une vie de rêve) : tu pourras ajouter à ton plafond 2 400 € (1er enfant), 2 700 €(2ème), 4 000 €(3ème) et 4 500 € (à partir du 4ème).
  • Si tu as des enfants mineurs de moins de 3 ans : on passe à 2 800 € de déduction.
  • Si par malheur tu es atteinte d’une incapacité : en fonction du taux d’incapacité et des frais d’assistance (de 3 000 € à 12 000 €).
  • L’on peut déduire 2 000€ en tant que dépenses générales.
  • De plus, si tu travailles tout en ayant une famille nombreuse ou des personnes en situation de handicap à ta charge, tu peux bénéficier d’une déduction d’impôts d’un montant de 1 200 € ou 2 400€.

Voila pour les principales déductions.

Deux cas concret pour être bien clair :

Premier cas : un couple marié avec deux enfants de 2 ans et 12 ans, et gagnant moins de 8 000€/an. Si ils font une déclaration individuelle : 5 550€+((2 800+2 700)/2). Chaque parent pourra donc déduire 8 300€ de sa déclaration. Ce qui dans le cas présent revient à ne pas payer d’impôt.

Second cas : un célibataire sans enfants gagnant 30 000€ brut/an. Il pourra déduire 5550€ (minimum vital) + 2 000€ de dépenses générales. Donc on prendra comme base imposable : 22 450€. En se basant sur les tranches, il devra payer : 2 365 € (19% de 12 450€) + 1 860€ (24% de 7 750€) + 675€ (30% de 2 250€) soit 4 900€.

À noter qu’en Espagne, il n’y a pas l’équivalent de la csg/crds. M’enfin, cela va pas changer grand chose à la note finale.

Dois-je payer l’IRPF en Espagne ?

C’est la question qui revient le plus souvent, surtout lorsque l’on a pris connaissance des tranches d’imposition en Espagne.

Il faut être résident fiscal espagnol pour payer l’IRPF.

Tu es considérée comme résidente fiscale si tu résides plus de 183/jours par an en Espagne et si :

  • Tu y as ta résidence principale
  • Tes centres d’intérêt économique sont en Espagne ou tu exerces en Espagne une activité professionnelle (salariée ou non).
  • Si ton conjoint et/ou tes enfants mineurs résident en Espagne.

Il n’est pas obligé de réunir les 3 critères ci-dessus. Un seul suffira, en plus du fait de résider plus de 183 jours/an.

Il n’y a pas de double imposition entre la France et l’Espagne. Ce qui est déjà une bonne chose.

Cas particulier également, si tu es retraité de la fonction publique, dans ce cas, tu dois payer tes impôts en France.

Si tu n’es pas résident fiscal en Espagne, c’est par ici : impôt non résident.

Dois-je déclarer mes impôts en France ?

Même si tu es résident fiscal espagnol, tu dois faire une déclaration dans chaque pays, selon ta situation personnelle.

En effet, certains impôts seront toujours payés en France et d’autres en Espagne. C’est souvent le cas, si tu as des biens en France ou tu perçois des dividendes.

Pour que les deux services d’impôts s’y retrouvent et t’éviter une double imposition, il est important de les tenir au courant.

C’est là que l’on s’arrache les cheveux et qu’il vaut mieux consulter un fiscaliste.

Dois-je déclarer mes impôts en Espagne.

La déclaration de l’IRPF est obligatoire si tu gagnes plus de 22 000€/an (avec une seule source de revenus : employeur, pension…), ou 14 000€/an (si plusieurs sources de revenus).

Particularité espagnole : un couple marié peut faire au choix une déclaration séparée ou commune.

Il ne faut pas confondre déclaration facultative et exonération.

Par exemple si tu es salariée et que tu gagnes 12 000€/an, tu seras prélevé à la source (19%), mais tu n’auras pas l’obligation de faire une déclaration d’impôts.

Le principal intérêt de faire une déclaration, c’est qu’il est possible que d’avoir trop payé d’impôts. Si, si, cela arrive parfois.

Dans ce cas, lorsque tu rempliras ta déclaration, tu peux avoir la bonne surprise de voir que l’État te doit de l’argent. Tu recevras alors une « devolución » (dans un délai de 6 mois maximum).

La déclaration d’impôt doit être déposée avant le 30 juin de chaque année auprès des AEAT (centre des impôts). On peut également faire sa déclaration en ligne dès lors que l’on a un certificat numérique.

C’est particulièrement pratique et rapide.

L’avantage de se rendre dans un AEAT c’est que l’on peut obtenir un accompagnement gratuit pour remplir sa déclaration.


La situation de chacun étant différente, et la fiscalité étant bien souvent une usine à gaz, je recommande vivement de prendre conseil auprès d’un cabinet de fiscaliste pour bien peser le pour et le contre avant de s’installer en Espagne.

D’ailleurs rien qu’en écrivant cet article, je me suis rendu compte que de nombreux sites ne mentionnaient pas qu’il y avait dorénavant 6 tranches en Espagne. C’est dire le sérieux de ces sites 🙂

Article rédigé par

Sylvain Domper

Dénicheur de bons plans à Valencia

«On se donne rendez-vous au Mercado Colón pour boire un verre ensemble».Phrase favorite

2 Commentaires

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  • Bonjour,
    Dans le second cas, vous parlez de 30000€ brut/an.
    Vous êtes certain, ce n’est pas le net qui est déclaré ?
    En Espagne, pour 30k€ de perçus, l’impôt à payer est de 4900€ pour une personne seule sans enfant.
    En France, si on fait le même calcul, l’impôt à payer est de 2106€.
    L’impôt sur le revenu semble vraiment confiscatoire en Espagne.

    Merci encore pour tout votre travail sur votre blog. Ayant le projet de venir m’installer à Valence moins de 6 mois par an pour la retraite (d’ici 2 à 3 ans), votre travail m’est vraiment utile.
    Au plaisir de se rencontrer dans un futur pas si lointain…