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Portraits d’expatriés : Sylvain

Portraits d’expatriés donne la parole à des expatriés venus s’installer sur Valencia et ses alentours.

Chacun vivant l’expatriation différemment, je trouve qu’il intéressant de comparer les expériences et le ressenti de chacun. De plus, ces témoignages peuvent également apporter des réponses aux visiteurs qui hésitent à franchir le pas.

Cela fait un moment, que j’ai pas publié de nouveaux portraits. Je vais donc renouer avec cette rubrique d’une façon originale, en publiant mon auto-portrait.

En effet, beaucoup de monde passe sur Expat-Valencia, mais sans savoir qui est derrière ce site, ou sans connaitre mon parcours. Il est donc temps de remédier à cette situation insoutenable 🙂

Pas trop difficile de quitter la France ?

Cela dépend de chacun. De la faculté à s’adapter, à ne pas se laisser envahir par la nostalgie.

Il est certain qu’en changeant de pays, on s’éloigne de nombreuses choses difficilement remplaçables : la famille, les amis, un environnement, une culture, une langue, un style de vie.

On voit la famille moins souvent. Encore que dans mon cas, mes parents sont venus s’installer sur Valencia.

On doit se faire de nouveaux amis. Il faut s’habituer à un nouvel environnement. Venant d’un petit village du sud ouest, le paysage est loin d’être le même ici à Valencia.

Mais quand on compare la qualité de vie de Valencia avec ce que l’on avait en France, franchement on se dit que cela vaut vraiment le coup.

Pourquoi Valencia ?

Une erreur d’aiguillage.

A la base, on voulait comme beaucoup de français découvrir le Québec. On a préparé notre dossier pour s’installer là-bas, on a surfé pendant des heures sur les forums, passé notre concours de langue française (fier d’avoir un niveau C2), et surveillé fébrilement le taux de change entre le $ Canadien et l’Euro.

Malheureusement, le Québec est victime de son succès et de sa politique migratoire. Les places sont chères, il faut obtenir un certain nombre de points pour espérer passer les différents filtres de sélection, et le délai d’attente est de plus en plus long.

Comme on était à la juste limite niveau point, plus le temps filait et moins on avait de chance de pouvoir passer les dernières étapes.

Bilan, on a perdu patience et on a cherché une solution de repli. Ma famille étant originaire d’Aragon depuis des générations, pourquoi ne pas tenter un retour aux sources.

Bon l’Aragon, c’est montagneux et cela ressemble beaucoup à ce que l’on peut trouver de l’autre côté des Pyrénées. Il fallait un peu plus de dépaysement.

On a donc cherché une grande ville, pas trop loin de la frontière et abordable financièrement : Madrid trop grand, Barcelone trop cher, Séville trop loin. Tiens c’est quoi Valencia ?

Pour moi, amateur de foot, c’était le dernier club de Didier Deschamps. Donc à part voir un résumé de match de temps en temps à la télé française, Valence, cela ne me parlait pas plus que cela.

Mais comme c’est à 5 heures de la frontière, on va aller y jeter un œil.

Tu étais déjà venu à Valencia?

Jamais avant ce mois de mai 2013 ! Et manque de bol, on a pris notre hôtel à Gandia. Ce qui n’est pas le meilleur moyen de visiter la ville.

Au moins on a pu voir la différence entre une station balnéaire valencienne au mois de mai, et la vie à Valence et ses alentours.

C’est donc une première découverte de la Communauté Valencienne et de l’Espagne, sans aucun à-priori négatif.

Ma foi, la première impression est plaisante, il fait super beau, chaud, les gens sont souriants et adorables (alors qu’ils sont toujours pas sorti de la crise). Un autre monde.

Depuis combien de temps es-tu ici?

Visites des logements et repérage en mai, installation définitive en août 2013. Cela fait donc déjà 5 ans.

Est-ce que tu as eu des soucis pour t’installer?

Un parcours du combattant à l’époque.

On ne connaissait pas la région, les démarches administratives étaient floues, les particularités de l’immobilier valencien inconnues.

On a du visiter une dizaine de biens avec différentes agences. On a vu de tout : de la maison à rafraichir intégralement, celle de 4 chambres où il fallait utiliser une de celle-ci pour stocker les meubles des propriétaires, celle hors budget mais on vous la montre quand même.

On avait trouvé une maison intéressante dès le premier jour, mais on s’était donné la semaine pour faire le bilan. Grave erreur ! L’agence avait oublié de nous dire qu’une maison pouvait être réservé en une journée et qu’il fallait se positionner rapidement.

Bilan, on allait partir le vendredi en pensant donner notre accord pour la première maison, et celle ci n’était plus dispo. Il a donc fallu trouver une maison en une matinée, ce qui fut chose faite, mais un peu dans la précipitation.

Ensuite, poursuite de la découverte de l’immobilier à la valencienne : pas d’état des lieux digne de ce nom, plusieurs mois de caution à donner, isolation inexistante, galères pour faire réparer un truc.

A cela il faut ajouter les démarches administratives inconnues : NIE en faisant la queue (maintenant il faut prendre rendez-vous), faire le padron, inscription au centro de salud… Autant de démarches obscures lorsque l’on vient de France.

Et peu d’infos disponibles en français sur internet.

Bref cela fut loin d’être simple, surtout qu’un site comme Expat Valencia n’existait pas encore sur Valence. Donc il a fallu un peu essuyer les plâtres.

Heureusement on était tombé sur une super agent immobilier, qui nous a accompagné même en dehors de la simple recherche immobilière.

L’avantage c’est que maintenant on sait ce qui peut préoccuper les expats venant s’installer à Valencia, et donc on essaye chaque jour d’y remédier.

Est-ce que tu as eu un choc culturel, et si oui as-tu un exemple ?

Un choc culturel pas vraiment. Mais une autre façon d’aborder la vie.

Cela fait toujours un peu bizarre de voir des voitures stationner dans les ronds points comme à L’Eliana, de voir les cafés pleins avec une clientèle familiale, les voitures qui freinent au passage piéton et redémarrent lorsque le petit bonhomme passe au rouge.

Mais aussi, les caissières qui t’appelle “cariño” sans te connaitre, les collègues du Coworking qui partent à 10h30 pour faire l’almuerzo, le nombre de choses inaccessibles sans NIE, la propreté d’une rame de métro valencien.

Que penses-tu du mode de vie des Valenciens ?

Ils ont tout compris 🙂 On ne se prend pas la tête, on est optimiste, la famille et les amis sont très importants. De plus ils sont solidaires et accueillants.

Pas trop difficile de s’adapter à la vie valencienne?

Cela demande un petit temps d’adaptation. Autre culture, autres mœurs, autre style de vie. Mais rien d’insurmontable si on a l’esprit ouvert et que l’on ne compare pas en permanence avec ce qui existe en France ou ailleurs.

Ok, la façon de faire est différente dans de nombreux domaines (dont l’immobilier). On trouvera toujours des choses à améliorer et l’herbe n’est pas plus verte ici qu’ailleurs.

Mais, il faut peser le pour et le contre et voir si on est gagnant au final. C’est le meilleur moyen de réussir son adaptation.

À quoi ressemble ta journée type ?

L’avantage de mon activité avec Expat Valencia, c’est qu’aucune journée se ressemble.

En fait, tout dépend si je dois accompagner des expats pour s’installer sur Valence ou non.

Hors accompagnement, ma journée est consacrée à rédiger des articles pour enrichir le blog Expat Valencia, à m’informer sur ce qu’il se passe à Valencia, suivre le marché immobilier valencien, répondre aux questions sur les groupes Facebook, répondre à mes mails et me creuser la tête pour améliorer encore mon site.

Lorsque je dois accompagner un client, c’est un autre processus qui se met en place : recherche des biens, prise de contact avec les propriétaires ou les agences (et dieu sait qu’à Valencia il faut être patient et obstiné), organisation des visites, accompagnement lors des visites, prise de rendez-vous pour le NIE (autre épreuve pour apprendre la patience).

Comme Stéphane Plaza dans “Recherche Appartement ou maison”, sans les caméras et le NIE en plus.

Qu’est-ce qui te plait le plus à Valencia ?

La qualité de vie !

Comme disait Aznavour ” Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil”. Avec 320 jours de soleil par an (hors Gota Fría diluvienne), on est gâté de ce côté là.

Et comme le soleil est excellent pour le moral, Valence est un petit coin de paradis.

La vie est-elle vraiment moins chère qu’en France ?

Globalement oui. Surtout si l’on vient de Paris.

Cependant, il ne faut pas croire non plus que Valence c’est un petit village andalou ou aragonais. C’est la troisième ville d’Espagne.

En prenant l’exemple du marché immobilier, si cela reste plus abordable que Paris, Madrid ou Barcelone, ce n’est pas non plus l’eldorado.

A moins de 700€/mois, il est difficile de trouver un appartement bien situé et moderne dans Valence. A moins de 1200€/mois, il est difficile de trouver une belle maison avec 4 chambres autour de Valence.

La crise est passée, il ne faut pas espérer pouvoir trouver un appartement dans le centre à 400€/mois ou une maison à 600€ à 10mn de Valence.

Pour finir, est ce que j’ai des conseils pour les futurs expatriés qui voudraient venir s’installer à Valencia ?

Ne partez pas à l’aventure et ayez un projet solide avant de venir.

Ici, le réseau est très important, il faut donc être ouvert et côtoyer des valenciens.

Et si vous voulez vous faciliter la tâche, vous êtes sur le bon site 🙂


Vous êtes expatrié à Valencia depuis peu ou depuis des années, contactez-moi si vous souhaitez partager votre expérience. Vous pouvez également laisser un petit commentaire pour donner votre point de vue

3 comments

  1. Tu as parfaitement bien résumé la situation Sylvain et je partage entièrement ton avis sur Valencia.
    Etant retraité, j’apprécie pleinement la gentillesse et la cordialité des gens de la région. J’habite à une vingtaine de km de Valencia et je peux certifier que l’accueil des habitants de Naquera est exceptionnelle, à tel point que certains me considèrent comme étant de leur famille.
    La vie y est moins chère également qu’à Valencia ville, tout en étant à 20 mn de la mer et à peine 25 mn de l’aéroport. A titre d’exemple un appartement meublé, 3 chambres, 2 sdb, séjour, cuisine, grand balcon, parking souterrain dans une magnifique résidence clôturée avec piscine privée, est à un peu plus de 500€/mois.
    Et je ne parle pas des nombreuses festivités ici.

  2. Bonjour Sylvain,

    Tout d’abord merci pour ton dévouement. C’est très utile d’avoir de précieuses informations quand on est dans un pays étranger.
    C’est amusant car nous avons suivi un peu le même chemin si ce n’est que moi je continue à vivre et travailler en France (Paris) et que j’ai acheté un appartement pour les vacances et la retraite plus tard.
    En revanche, il est vrai que je suis toujours agréablement surpris par la qualité de vie de cette ville. Quelle grande différence avec la France et Paris en particulier. La circulation y est logique et facile, les pistes cyclables bien faites, les gens disciplinés et l’insécurité très peu présente.
    Sans évoquer un climat très agréable et un coût de vie moindre.
    Bref, je ne regrette en rien mon choix et j’ai toujours hâte de revenir dans cette belle ville.

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