Portraits d’expatriés : Isabelle Roussille

Dans notre rubrique Portraits d’expatriés, nous donnons la parole à des expatriés venus s’installer sur Valence et ses alentours.

Chacun vivant l’expatriation différemment, je trouve qu’il intéressant de comparer les expériences et le ressenti de chacun. De plus, ces témoignages peuvent également apporter des réponses aux visiteurs qui hésitent à franchir le pas.

Aujourd’hui, allons à la rencontre d’Isabelle Roussille. Si vous êtes un adepte de Facebook, vous avez surement croisé Iz Roussille sur le groupe  « Les Francophones de Valencia ». Elle fait d’ailleurs partie de l’équipe d’administration.

D’où viens-tu, et que fais-tu ?

Je suis aveyronnaise, je travaille dans le port de Valencia pour un groupe catalan de transport et logistique internationale.

Pas trop difficile de quitter la France ?

En 2002 mon entreprise m’a proposé un contrat d’expatrié pour une mission au Portugal, j’étais ravie de l’opportunité et comme ma vie personnelle me le permettait à ce moment là, je n’ai pas hésité une seconde.

Est ce que tu parlais espagnol avant de t’installer en Espagne ?

Oui bien sur, mais je ne suis pas une spécialiste en langue et je n’ai pas d’origines espagnoles donc j’ai beaucoup travaillé avec un professeur spécialisé en Espagnol pour étranger et je continue de le faire. J’ai passé le DELE il ya 5 ans et je lis beaucoup.

Pourquoi Valencia ?

Pourquoi pas ? J’habitais Madrid et j’avais envie de quitter la capitale.

Tu étais déjà venu à Valencia?

Oui j’avais eu l’occasion de me déplacer à plusieurs reprises à Valencia pour le travail avant d’envisager d’y emménager.

Depuis combien de temps es-tu ici?

Depuis 2007, je suis arrivée au moment de la Coupe de l’America, cela fait 8 ans.

Est-ce que tu as eu des soucis pour t’installer?

Aucun, c’était surprenant, mais tout était facile et j’ai trouvé les gens très accueillants.

Est-ce que tu as eu un choc culturel, et si oui as-tu un exemple ?

De très nombreux chocs culturels oui, je pense sincèrement que si quelqu’un ne les perçoit pas c’est peut être qu’il continue de vivre à la française sans chercher à s’ouvrir un peu plus.

Un exemple ? Lors de sa première visite à Valencia je suis allée chercher ma mère à la gare. Quand nous sommes arrivés chez moi, plusieurs voisins étaient devant la porte d’entrée de l’immeuble… l’un d’eux s’est exclamé : « c’est la maman d’Isabelle » et l’a immédiatement prise dans ses bras pour lui donner un chaleureux « abrazo » de bienvenue…. Après que la scène se soit reproduite au restaurant où nous avions été diner pour fêter sa visite, ma mère était ravie et a déclaré que vraiment elle trouvait l’accueil très méditerranéen…

Sincèrement je n’imagine pas du tout une telle situation en France où l’on se salut avec plus de retenue.

Que penses-tu du mode de vie des Valenciens ?

Les Valenciens aiment se réunir que cela soit en famille , avec leurs groupes d’amis ou les compagnons de la Falla ou de la banda. La paella du dimanche est presque sacrée, c’est amusant et plutôt sympathique.

Pas trop difficile de s’adapter à la vie valencienne?

J’ai eu un peu de mal à m’habituer au climat chaud et humide, mais sinon ça va.

À quoi ressemble ta journée type ?

Je travaille de 08h30 à 18h15 avec une longue pause déjeuner de deux heures. Comme j’habite dans le Cabanyal à 300 m du port j’ai le temps d’aller déjeuner chez moi, de voir des amis ou même de faire un tour à la plage si j’ai envie. Je me suis beaucoup impliquée dans la vie de mon quartier et de Valencia donc le soir il est fréquent que je retrouve des voisins ou amis ou que je participe à une réunion politique.

Qu’est-ce qui te plait le plus à Valencia ?

La situation est idéale en bord de mer avec un parc naturel au sud mais à une heure de zone rurale ou de semi-montage en direction de Teruel. C’est une ville où l’on peut aller au cinéma ou à un concert comme partout, mais en même temps rien n’est jamais très loin et tout le monde se connait.

Peux-tu décrire ton quartier du Cabanyal ? Ce que tu aimes et que tu n’aimes pas dans ce quartier ?

C’est un quartier tout à fait unique, très vivant et très agréable à vivre car extrêmement bien structuré et auquel les habitants actuels héritiers des pécheurs et marins qui l’ont construit sont très attachés.

Les rues se sont constituées au fur et à mesure que la mer reculait et sont donc toutes parallèles avec une orientation Est Ouest qui permet un ensoleillement idéal. L’ouverture coté sud laisse l’air marin circuler librement ce qui tempère beaucoup en été. L’architecture de type « moderniste populaire » est unique en Europe et par endroit les alignements de petites maisons construites pour remplacer les anciennes « barracas » sont superbes.

Je pourrais parler pendant des heures du Cabanyal – Canyamelar mais l’ idéal sans aucun doute c’est de participer à une visite guidée, de venir lors des « portes obertes », lors de la « Semana Santa Marinera » ou durant le festival « Cabanyal Intim ». Le Marché du Cabanyal est très réputé pour le poisson et l’offre gastronomique variée des bars et restaurants peut s’adapter à tous les budgets.

Une partie du quartier (depuis la Calle San Pere – Plaza Lorenzo de la Flor ) a beaucoup souffert de dégradation suite à un projet avorté d’avenue qui devait rompre cet harmonieux ensemble classé Bien d’Intérêt Culturel… il ne manque plus maintenant que laisser les habitants travailler à sa complète restauration

La vie est-elle vraiment moins chère qu’en France ?

Question très difficile à répondre… cela dépend pour quoi et aussi de sa situation personnelle … pour les enfants il y a peu d’aides et les livres scolaires par exemple sont très chers, le ticket de bus à l’unité coûte 1€50 à Valencia pour 1€60 à Toulouse…. La vie oui semble moins chère généralement pour nous, mais le niveau de pauvreté est également bien plus important, je ne saurais pas répondre à cette question.

Pour finir, tu as des conseils pour les futurs expatriés qui voudraient venir s’installer à Valencia ?

Oui bien sûr. Bien réfléchir avant bien entendu et se préparer en apprenant la langue par exemple. Ne pas oublier le niveau de chômage, l’un des plus élevé d’Europe, qui implique que la concurrence sur le marché de l’emploi est très forte, mais si on a un projet original et bien ficelé où une opportunité de travail ne pas hésiter une seconde. Et quand on s’installe, aller vers les autres ne pas être trop timide ou réservé


Vous êtes expatrié à Valence depuis peu ou depuis des années, contactez-moi si vous souhaitez partager votre expérience. Vous pouvez également laisser un petit commentaire pour donner votre point de vue

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