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Palais des Valeriola à Valence en Espagne

La terrifiante histoire oubliée du Palais des Valeriola

Le Palais des Valeriola, fondé au début du XVIIéme siècle sera prochainement réhabilité intégralement pour sauvegarder sa structure. Ceci, à l’initiative de la fondation Hortensia Herrero, qui a déjà participé à la restauration de la Chapelle Sixtine de Valence.

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est le terrible secret que renferme le Palais, un secret digne d’un roman noir.

Un peu d’histoire

La famille Valeriola est arrivé à Valence avec les troupes de Jacques 1er d’Aragon (Jaime 1er) en 1238. Le Palais, lui, ne fut construit qu’au XVIIème siècle dans l’ancien quartier juif de Valence (rasé en 1391), en face du Couvent San Cristóbal (ancienne synagogue et aujourd’hui disparu).

De nos jours, le Palais est une coquille vide, bien loin des fastes du XVIIème siècle.

Gravure du Palais en 1762. Celui ci est souvent cité dans les chroniques relatant les fêtes de la cité de Valence. Le Palais de Valeriola obtint le premier prix en 1755, pour sa façade illuminée (7698 illuminations). Source : solerdos.blogspot.com

Le terrifiant secret

 

Le sanguinolent secret serait plus juste en fait. En effet, au petit matin du 20 octobre 1606, Don Jerónimo de Valeriola, fut découvert égorgé dans son bureau.

Les soupçons se portent immédiatement sur son fils : Don Cristóbal de Valeriola et son complice Don Luis de Sosa.

Ce dernier, qui avait des amitiés avec la pègre locale, fut soumis à la torture et à une cérémonie un peu étrange, le 27 octobre.

On fait exhumer le corps du défunt Don Jerónimo, et l’on oblige Sosa à enlacer le corps. La croyance voulait que le cadavre tressaille au contact du meurtrier.

Ce fut un échec total. Don Sosa supporte la macabre cérémonie sans rien dire, à l’instar du défunt qui ne bouge pas d’un centimètre. Faute de preuve, il fut donc libéré. Ce qui ne l’empêchera pas d’être pendu au mois de juin, pour d’autres méfaits (mais c’est une autre histoire).

Don Crespí, un autre suspect fut arrêté, interrogé mais remis lui aussi en liberté, faute de preuves. La justice se tourne alors vers le fils de Don Jerónimo.

Le fils, Don Cristóbal, est arrêté, puis finalement jugé et condamné à la pendaison, après avoir confessé sous la torture les noms de ses complices : Crespí, Figuerola et Camos. Du moins les noms que voulaient entendre la justice, Don Crespí et Don Figuerola étant suspectés d’être les commanditaires. Mais Don Cristóbal n’en avait pas fini. Juste avant d’être pendu, il cria devant la foule qu’il avait menti et que les complices n’étaient pas coupables.

L’histoire en resta là pendant de nombreuses années. L’esprit de Don Jerónimo hantant les lieux sans pouvoir trouver le repos, ni connaitre le nom de son véritable meurtrier.

Jusqu’au 17 février 1620, jour où le véritable assassin, sur son lit de mort, confessa le meurtre pour libérer sa conscience et se faire pardonner ses péchés.

Il s’agissait de Miguel Pertusa, ancien juré du Conseil Valencien et qui siégeait à la cour en tant que syndic au Congrès des Députés. Il avoua donc avoir agi avec l’aide de deux hommes de mains catalans et que l’assassinat était commandité par Don Crisóstomo Ruiz de Liori, ennemi juré du patriarche des Valeriola.

La confession laissa Valence sous le choc, et Don Crisóstomo Ruiz ne résista pas longtemps au scandale. Il rendit son dernier souffle peu de temps après, plus exactement en Mars 1620.

Malheureusement, c’était trop tard pour le fils de Jerónimo de Valeriola, reconnu coupable à tort, de la mort de son père. Son honneur et sa mémoire furent honorés par le curé Porcar, blâmant sa lamentable exécution et les tortures endurées par la faute de Ruiz et Pertusa.

Le Palais des Valeriola de nos jours, Calle La Mar. Source: jdiezarnal

 

Au cours de l’Histoire, ce fameux palais a changé plusieurs fois de mains et fonctions. Tour à tour, siège du journal LAS PROVINCIAS, bar dans les années 80 sous le nom « Jean Sebastien Bach », local d’un groupe de musique Las Animas, jusqu’à sa fermeture administrative par les autorités de Valence.

A priori, cette période est révolue, et bientôt le Palais retrouvera son lustre d’antan.

Don Jerónimo de Valeriola et son fils méritent bien ça non ?

Inscription sur le portique du Palais, calle del Mar.

 

Source d’information : Livre de “Espills de justícia”, écrit par Daniel Benito Goerlich.

Article original : La terrorífica historia que esconde el palacio de los Valeriola, Valencia Bonita

Valence regorge d’histoires mystérieuses, de secrets et de curiosités…

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